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Retour la fiche familiale de Raoul BAUDRU

Voici ce qui est écrit sur Raoul BAUDRU dans un livre de biographie des militants cheminots.

Ces quelques lignes montrent une implication dans l'action syndicale et un refus farouche, (pour l'avoir entendu sur le sujet, le mot n'est pas trop fort),  de d'impérialisme de l'URSS sur les partis et syndicats de gauche. La scission de la CGT-FO en 1948, par refus de l'emprise communiste et de l'URSS sur la CGT, a dû être une époque difficile à vivre. Paulette BAUDRU disait "A l'issue des discours, lorsqu'il descendait de la tribune, j'avais toujours peur que les bolcheviks ne l'étripent..."

En 1981, il a vu "les cosaques", comme il disait, accéder au pouvoir grâce, ou à cause des socialistes. Socialiste dans l'âme, mais soucieux de l'indépendance d'esprit, une situation qu'il avait du mal à admettre... 

Sources : Archives Fédération CGT-FO des cheminots

BAUDRU Raoul, François

Fils d’un employé (SNCF), Raoul BAUDRU suivit des études après le certificat d’étude primaire afin de devenir employé de bureau, puis il occupa divers emplois de cette qualification avant d’être embauché par le PLM (Paris-Lyon-Marseille) aux ateliers d’Oullins (banlieue de Lyon) en 1926. Il gravit alors les échelons de la filière bureau (Employé, employé principal, sous chef de bureau, chef de bureau à quelques mois de la retraite).

Militant socialiste SFIO au début des années 1930, il se maria en Avril 1932 avec Paulette REYNAUD, fille d’un métallurgiste syndicaliste des ateliers lui aussi originaire du Vaucluse. Militant du syndicat confédéré, puis dès 1934 membre du bureau du syndicat réunifié, il en fût un des secrétaires de janvier 1936 à 1939. Membre du bureau de l’union syndicale, il participa aux discussions avec la direction du PLM à propos de l’application des 40 heures. Secrétaire du syndicat légal des ateliers sous l’occupation jusqu’à 1943, il représenta la fédération CGT au sein de la commission provisoire d’organisation prévue par la loi du 24 Février 1943 instituant la Charte des cheminots. Il quitta Oullins  en Mars 1944 pour une place à la direction du réseau à Paris et continua à militer, intervenant par exemple au congrès fédéral de la Fédération de la Mutualité en Février 1944.

Exclu en 1945 de la CGT et de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière), il fût début juillet 1947, l’un des signataires de l’appel au comité d’action syndicaliste pour la création d’un nouveau syndicat, puis participa aux congrès constitutifs de la Fédération syndicaliste en décembre 1947 de la Fédération Force ouvrière des cheminots (1948) dont il devint membre du conseil national et enfin à celui de la confédération, secrétaire de l'Union Sud-Est en 1948, il en fût secrétaire général de 1950 à 1964. Il siégea au bureau fédéral entre 1950 et 1958, au secrétariat fédéral de 1958 à 1964.

Mettant à profit sa formation professionnelle, il s’intéressait dès l’entre deux guerres aux aspect réglementaires de l’activité syndicale et participait après la création de Force ouvrière aux travaux de nombreuses instances et commissions : commission mixte des primes du personnel sédentaire en 1948, commission confédérale des salaires et des conventions collectives en 1954. En 1959, il fût désigné administrateur de la RATP. Il s’intéressa également à la dimension internationale du syndicalisme, représenta en septembre 193X son syndicat au Rassemblement international pour la paix à Bruxelles et fût en 1956 membre d’une mission CFTC-CGC-FO qui partit étudier en Angleterre les modalités de règlement des conflits du travail dans les chemins de fer, mission au demeurant retardée par la grève des cheminots anglais. Il représenta la fédération à plusieurs reprises dans les congrès de la fédération internationale des transports. Pouvant faire preuve d’un certain charisme, il se rendit à Oullins en 1957 pour tenter de résoudre une crise au sein du syndicat FO des ateliers.

Il prend sa retraite de la SNCF en 1964, puis sa retraite définitive en 1974 après 10 ans dans un service de comptabilité de la mutuelle des cheminots.