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Il y a eu, pour l'instant, deux voyages à Elche, un en mai 2009 et un autre en mai 2011. Les deux avaient pour but de s'immerger dans le "berceau de la famille".

 

Voyage à Elche en Mai 2011.
L'objectif de ce second voyage initiatique était double. Tenter de retrouver quelques hypothétiques actes d'état civil de nos ancêtres et donner à mon père l'opportunité de fouler la terre de ses ancêtres. 
Pour le premier objectif, nous avons glané quelques informations auprès de l'office de tourisme et nous y avons trouvé une français de souche espagnole, ayant depuis longtemps trouvé sa place à Elche et qui nous a orienté vers le centre des archives municipale d'Elche proche de l'église San Josep. Nous y avons trouvé sans grande difficulté l'acte de naissance de Cayetana Sempere, la soeur de Géronimo, mon arrière arrière grand père. Il y a certainement d'autres recherches à faire, mais le temps nous a manqué ...
Quelques photos, ci-dessous, illustrent le second objectif, donner à mon père l'opportunité de fouler la terre de ses ancêtres. Les fonds baptismaux de l'église Santa Maria d'Elche où Géronimo Sempere a été baptisé comme sans doute ses aïeuls, une place "Saint Pierre" au centre de la ville d'Elche, le verger (Hort en espagnol) Sempere, un sanctuaire au cimetière d'Elche en hommage à la famille Sempere et le village SEMPERE (ça ne s'invente pas !) à une centaine de kilomètre d'Elche. 

     

D'autres photos de la ville d'Elche et de son église Santa Maria.

   

 

Voyage à Elche en Mai 2009.

L'objectif de ce premier voyage initiatique était avant tout de découvrir la ville de mes ancêtres, voir de mes yeux ce qu'ils ont dû voir notamment avant de partir pour l'Algérie, comprendre pourquoi ont-ils quitté leur ville, leur pays, tenter de retrouver des traces, sans grande illusion bien sûr. Réaliser ce voyage à mon cinquantième anniversaire était aussi un symbole. J'avais déjà passé 50 ans de ma vie, sans m'être retourné sur d'où je viens. Il était temps de prendre quelques jours pour le faire.

 

Le premier contact est frappant. Au beau milieu d'un sol sec et aride sur lequel poussent une garrigue clairsemée et quelques frêles arbustes, la ville d'Elche se dresse entourée d'une vaste palmeraie, la plus grande d'Europe. Mon voyage s'est déroulé au mois de Mai, au printemps donc, avec déjà près de 30° l'après midi. On imagine le soleil de plomb qui doit régner en plein été et tout les bienfaits de cette oasis rafraîchissante.

 

L'histoire indique que les espagnols de la province d'Elche ont été frappés par de nombreuses calamités au début du XIXème siècle, dont de longues périodes de sécheresse. On peut imaginer que l'eau devait être un bien réservé aux plus aisés et que, sans elle, il fallait trouver, ailleurs, le salut.

 

Mais d'où vient cette palmeraie ? Déjà la culture du palmier dattier était pratiquée par les habitants d'Elche depuis le Vème siècle avant JC. Plus tard, vers le VIIIème siècle après JC, les arabes sont arrivés d'Afrique du Nord et sont restés près de 1000 ans. Ils ont importé leur savoir faire en matière de culture en oasis avec des palmiers protégeant du soleil et formant un carré dans lequel sont cultivés des orangers, des citronniers. D'ingénieux canaux d'irrigation permettent d'apporter l'eau nécessaire tout en économisant ce don précieux du ciel. 

En déambulant dans la palmeraie, au gré du hasard, je suis tombé sur une parcelle avec l'inscription "Hort de Sempere". Compte tenu de la multitude de familles Sempere dans cette ville d'Elche, la probabilité qu'il s'agisse de lointains cousins est faible. Cependant, parfois ... le hasard ...

 

 

 

Encore maintenant, cette influence arabe est très présente. On y voit ici et là des drapeaux mêlant le croissant musulmans et la croix chrétienne, des édifices frappés de mosaïques et même des bancs publics ! 

 

Lorsque mes ancêtres ont dû décider de partir, c'est tout naturellement vers l'Afrique du nord qu'ils se sont tournés. Tout d'abord, le climat y est assez proche. Les français d'Algérie disaient d'ailleurs des espagnols qu'ils supportaient bien la chaleur et que c'était de bons travailleurs journaliers. Ensuite, la longue culture musulmane de la région d'Elche a fait de l'Afrique du nord un eldorado évident. Et pour finir, la proximité, en quelques heures de balancelle, l'exode était terminé.

 

Après ce premier contact avec la ville d'Elche, mes premiers pas se sont dirigés vers l'église Santa Maria d'où a été écrit le 18 juin 1850 un acte de la part de Géronimo Sempere et Cayetana Dura sa femme. Il s'agissait d'un acte de consentement au mariage à Mostaganem de leur fils José Ramon, le frère de Francisco mon arrière arrière arrière grand père. 

 

L'église Santa Maria est récente, comme la plus part des églises de la région, si l'on compare aux églises en France. Elle date du XVIIIème siècle. Elle est de construction massive avec une coupole au toit de couleur bleue qui surplombe le cœur de l'église. Toutes les églises de la région sont construites sur le même schéma. En y entrant nous avons découvert la ferveur chrétienne qui fait la caractéristique de la population locale (voire de l'Espagne), sans doute le coup de balancier après cette longue influence arabe et musulmane. 

Sans aucun doute, je suis sûr que Francisco Sempere, sa femme Maria Mas et ses enfants dont Géronimo mon arrière arrière grand père, ont dû venir s'agenouiller sur les marches de l'autel au pied de la statue de la vierge nichée tout en haut du cœur juste avant de partir pour l'Algérie. La ferveur chrétienne et la vénération de la vierge devant être tout aussi fortes à cette époque, ils ont dû rechercher dans ce recueillement la force de partir et peut être le pardon d'abandonner son pays.

 

A quelques pas de l'église Santa Maria, on découvre la tour arabe et les ruines du château dans lequel on trouve au sous sol, des pièces de bains arabes. Du haut du château, on aperçoit l'église Santa Maria, la vaste palmeraie qui inonde la ville, un sillon qui sépare la vielle ville de la nouvelle dans lequel coule un filet d'eau et à l'horizon, à 14 km, le port de Santa Pola et la mer méditerranée cordon ombilical entre l'Espagne et l'Afrique du nord.

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Mon périple s'est ensuite poursuivi vers la ville de Santa Pola, le port de départ de mes ancêtres vers l'Algérie. La route entre ces deux villes est une longue ligne droite de 14 km. On part d'une palmeraie luxuriante pour petit à petit découvrir des palmiers parsemés et une garrigue aride pour finalement tomber au bord de la mer. 

 

La ville de Santa Pola, comme toutes les villes de la "costa blanca", ne ressemble certainement plus à ce qu'elle était dans les années 1840 période de départ de mes ancêtres. Toutes les maisons de la cote sont maintenant des immeubles récents. Cependant, l'horizon que mes ancêtres ont vu lorsqu'ils sont partis vers un monde meilleur n'a lui pas changé. Au bord de la jetée, on imagine l'esprit dans lequel ils sont partis.