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L'Histoire de la famille SEMPERE ...

Tout ce qui suit est issu de la mémoire orale de la famille et des recoupements réalisés sur les actes d'état civil. Le livre de Jean Jacques JORDI, "Histoire d'une migration", nous a  également fourni de précieux renseignements sur la chronologie des événements et sur les conditions de vie de l'époque.

Nos ancêtres directs, Francisco SEMPERE et son fils Géronimo, sont nés à Elche en Espagne dans la province d'Alicante. Ils ont émigrés à Mostaganem en Algérie entre 1844 et 1853.  Ils ont vraisemblablement embarqué à Santa Pola, un port à 14 km d'Elche. 

Clara, une fille de Francisco, est née à Santa Pola en 1844. Francisca, la dernière fille de Francisco, est née en 1853 à Mostaganem. (La photo de Clara ci-contre est la plus ancienne de la famille SEMPERE.)

Clara SEMPERE

Le frère de Francisco, un autre Géronimo SEMPERE, s'est marié à Mostaganem en 1843. Il semble qu'il soit venu en "éclaireur". Le reste de la famille a suivi, comme s'était souvent le cas lors de la migration espagnole en Algérie.

Pourquoi sont-ils partis ? A cette époque, Elche fait parti des deux villages les plus pauvres d'Espagne. Elche est frappée de tremblements  de terre en 1829, 1837, 1846 et 1850, du choléra en 1834 et de la sécheresse en 1845. La situation paysanne s'aggrave.  L'Algérie est à quelques heures de traversée de la province d'Alicante, en balancelle . Pour la seule année 1845, la mairie d'Elche recense 500 familles qui ont émigré en Algérie qui devient française en 1848. L'Algérie fournit aux espagnols du travail. Ils sont journaliers, jardiniers, marchands de fruits... Francisco SEMPERE, Géronimo son fils et Vicente ESCLAPEZ son beau frère seront marchands de fruits à Mostaganem.

Géronimo SEMPERE et sa femme Maria Antonia Isabel LUCAS s'installent ensuite à Rélizane entre 1872 et 1874 avec leurs enfants qui seront au nombre de 10 ! Géronimo y sera jardinier. Maria Antonia Isabel y décèdera 27 Mai 1881. Le 15 Décembre de la même année, une terrible inondation, due à la rupture du barrage de Perrégaux, ravage Rélizane. Cet épisode a été transmis oralement dans la famille. Il semble qu'elle ait été durement touchée. Une crue de 850m3/s emporta 125 mètres du barrage sur la rive droite. Deux cent cinquante personnes furent noyées, ponts, et maisons emportés par les flots déchaînés

Voici ce qu'écrit en 1880 Guy de MAUPASSANT. D’Oran, il décidait de se rendre à Saïda et rapportait plus tard dans ses nouvelles parues sous le titre *Au Soleil * :
"  J’ai donc pris, avec un billet pour Saïda, le petit chemin de fer à voie étroite qui grimpe sur les hauts plateaux. Après quelques heures de route on atteint les premières pentes de l’Atlas. Le train monte, souffle, ne marche plus qu’à peine, serpente sur le flanc des côtes arides, passe auprès d’un lac immense formé par trois rivière que garde, amassées dans trois vallées le fameux barrage de l'Habra. Un mur colossal, long de cinq cents mètres, contient, suspendus au-dessus d’une plaine démesurée, quatorze millions de mètres cubes d’eau.
(Ce barrage s’est écroulé l’an suivant, noyant des centaines d’hommes, ruinant un pays entier. C’était au moment d’une grande souscription nationale pour des inondés hongrois ou espagnols. Personne ne s’est occupé de ce désastre français.) "

Géronimo décèdera en 1885 à Rélizane. Les enfants des espagnols nés en Algérie sont naturalisés français en 1889. Les enfants de la famille SEMPERE gagnent la France et s'installent à Marseille.

Des photos de Rélizane, cliquez pour les agrandir.